Archives de la catégorie Courroux

Légitimité !

Sans Papiers                                   Avec Papiers

 

Bonjour,

Cela faisait un bon moment que je n'avais rien écrit !

Pas beaucoup de temps, un peu trop de choses en préparation, bref…

Et ce matin, en parcourant mon courrier, je tombe sur une lettre qui m'a donner envie de l'afficher. Le sujet est récurant, mais parfois, je trouve que les journalistes poussent le bouchon un peu loin, oubliant les priorités les plus essentielles. Des sans abris meurent chaque année dans des conditions inacceptables, des gens d'ici, qui pour la plupart ont un passé d'employé, d'ouvrier, lorsque ce n'est pas… de cadre. Puis la dégringolade : perte d'emploi, fin de droits ASSEDIC, divorce, perte du logement. Une vie bascule si vite dans notre société ou de plus en plus, la place n'est que pour une certaine élite. Trop souvent, il n'y a pas de place pour l'erreur, et c'est la mise en échec.

Voilà pourquoi cette lettre est à lire. Ne doit-on pas d'abord traité les choses par ordre de grandeur, et préférer une aide intra-muros plutôt que de dilapider des fortunes à "paraître", je veux dire par là "jouer les bon samaritain" pour une cause qui n'a pas lieu d'être !

A l'attention du Responsable du Journal télévisé

Le 9 Novembre 2009

Objet : Les « sans papiers ».

Messieurs, Hier soir, dimanche 8 Novembre 2009, aux actualités du 20 heures, vous nous avez, à nouveau, sensibilisé au problème des « sans papiers » : c'est un leitmotiv récurrent chez les journalistes…

Si je comprends bien l'angoisse de ces gens de vivre dans l'insécurité du lendemain, (car moi je les fréquente 2 jours par semaine) je peux vous dire que votre reportage m'a fait bondir car vous occultez systématiquement une bonne partie du problème : Ils sont venus ici en connaissance de cause et en sachant qu'ils violaient les lois françaises sur l'immigration, et savaient très bien qu'ils devaient préalablement demander un visa . Ils travaillent illégalement « au noir » (car il faut bien qu'ils se nourrissent), en toute connaissance de cause, mais se servent ensuite de cet alibi pour réclamer, devant vos caméras compatissantes, la régularisation de leur situation : ils étalent ainsi leurs violations des lois françaises pour revendiquer leur régularisation : c'est un comble .. et en plus vous les soutenez.. faisant ainsi l'apologie de la violation de nos lois !!!

Pourquoi n'avoir pas dit aux téléspectateurs que ces gens n'étaient pas aussi malheureux que vous voulez bien le faire croire (ils étaient tous en forme et chaudement vêtus) et que :

- ils ont accès aux soins gratuits par l'AME ( Aide Médicalisée d'Etat ),

- Ils ont droit à la CMU dans l'attente de leur régularisation (et à la carte vitale que certains considèrent comme une véritable reconnaissance de leurs droits),

- Leurs enfants sont accueillis immédiatement et gratuitement dans nos écoles,

- Ils obtiennent des logements par des contacts déjà en place.

- Certains d'entre eux, régularisés, m'ont même dit que, maintenant qu'ils étaient en règle, ils avaient beaucoup plus de mal à trouver un emploi qu'avant !!!

Je me permets de vous informer aussi que, pour beaucoup d'entre eux, la régularisation est un moyen d'avoir accès à beaucoup d'autres avantages sociaux ( et pas forcément au travail ) et qu'une fois régularisés, ils me font faire, par exemple, des dossiers MDPH pour faire reconnaître une invalidité ( pour eux ou leur femme ) afin de toucher l'AAH ( allocation adulte handicapé ) sans avoir à travailler !

Quant aux demandes de nationalité française que je fais, elles concernent surtout des 50 ans et plus qui veulent pouvoir faire librement la navette entre leur pays du Maghreb et la France pour pouvoir se faire soigner chez nous, quelle motivation et quel amour de la France !!!! A titre d'exemple, je vous citerai l'histoire d'une jeune femme qui a fait venir sa mère de 80 ans en France pour 3 mois en vacances touristiques : la mère n'est jamais repartie, est devenue « sans papier » et s'est faite opérée au titre de L'AME gratuitement d'une prothèse de la hanche ; puis elle s'est maintenue sous prétexte de soins consécutifs et a obtenu la régularisation de ses papiers. Elle sera ainsi soignée gratuitement jusqu'à la fin de ses jours alors qu'elle n'a jamais séjournée en France et n'a jamais cotisé !!!!

Personnellement je vois ces cas à longueur d'année ; je ne suis pas assis derrière un beau bureau, grassement payé, pour diffuser des messages humanitaires ! Mais je peux vous dire qu'au rythme des entrées illégales actuelles, notre système social ne survivra pas longtemps : vous feriez bien d'y réfléchir et d'en informer les français : ça se serait de l'Information !!!!

Continuez également, pendant que vous y êtes, à jouer les outragés quand on renvoie 3 afghans en situation irrégulière chez eux : croyez moi vous allez encore faire bouillir beaucoup de téléspectateurs !!!

Sincères salutations.

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Sport de riche, ou bonne poire ?

e.motion

J’envisage de changer de fauteuil roulant, et principalement dans le but d’augmenter mon autonomie. Car le maître mot du handicap est l’autonomie, ce qui revient un peu à dire ceci : la véritable indépendance est de pouvoir choisir de qui dépendre !

Je développe : fauteuil = jambes, moteur = bras ⇒ autonomie = liberté. Tétraplégique, la puissance (!) musculaire de mes membres supérieurs est extrêmement limitée, et la répercussion immédiate se fera naturellement sur l’accessibilité. La moindre pente n’est simplement pas absorbable à la montée, ou, pire encore, ingérable à la descente, puisque pas de mains se traduit par… pas de freins ! Et comme je n’ai pas forcément envie d’avoir une âme secourable en permanence à mes côtés (autonomie), que ma vocation n’est pas non plus d’aller systématiquement me placarder contre les murs, je cède très volontiers cette place aux politiques, qui eux en sont assez friands, je pense avoir trouvé une alternative intéressante en terme de matériel. Le compromis entre le fauteuil électrique (oisiveté est mère de tous les vices), et le manuel avec sa dépendance: le système d’assistance électrique E-MOTION de chez ALBER.

Ce sont des roues qui viennent remplacer les roues d’origines d’un fauteuil manuel à l’aide d’adaptations simples. Ces roues sont pourvues de batteries et de servo-moteurs actionnés via des capteurs en place sur les mains courantes. Divers réglages sont possibles en terme de puissance comme de sensibilité, pouvant ainsi corriger le déséquilibre entre les deux membres. L’effet des servo-moteurs se fait tant en avant qu’en arrière, donnant de la force motrice ou du freinage. L’outil (presque) parfait.

Alors me direz-vous, où se trouve le « mais » ? Et bien tout simplement au dos de la brochure du constructeur, qui, soit dit en passant est très exhaustive ! La paire de roue coûte la bagatelle de 6 900 € TTC (six mille neuf cents €uros !). La paire de roue, pas le fauteuil complet ! A ces 7 000 €, il faut bien sûr rajouter un fauteuil digne de ce nom, et suffisamment éprouvé pour ne pas « faire les frais » d’une mauvaise compatibilité. Je pense dans mon cas un Küschall K4 (si compatible !), dont le tarif est de 3 950 € TTC. Bon, le coussin, je l’ai et le conserve, ce qui économisera 680 € TTC.

Calculons ! Roues + fauteuil = 6 900 + 3950 = 10 850 €uros. Je vous rappelle qu’il s’agit là d’un (excellent) fauteuil MANUEL, pas d’un superbe électrique qui verticalise et fait lit ! Je ne peux m’empêcher de comparer ce tarif pour le moins démesuré au marché de l’automobile :

Peugeot 107 neuve : 6 990 €.

Citroën C1 neuve :  6 750 €

Renault Twingo neuve : 6 990 €

Il y a encore beaucoup d’autres exemples, mais tout de même. Notez qu’à ce prix, une prime à la casse de 1 000 € et un bonus écologique de 700 € ont été retiré. Et quand bien même, cela mettrait ces véhicules aux environs des 8 700 €, soit encore 2 000 € moins cher que le fauteuil complet, qui lui n’a ni toit, ni portières,  et qu’une seule place assise, interdisant tout co-voiturage ! Il ne bénéficie pas non plus du bonus écologique bien qu’hyper bio, ni de la prime à la casse (euh… ni pour moi, du reste, alors que l’on m’a bien cassé pour en arriver là), et aucune reprise de mon ancien fauteuil n’est envisageable.

Une fois de plus, cela démontre que le marché du handicap reste un marché aussi juteux que fermé, et, le plus insupportable, un marché qui profite un peu trop de notre nécessité, de notre dépendance. Ce qui coûte 1 € coûtera 10 € lorsqu’il sera destiné à une personne handicapé. Tout sera évoqué : petite série, spécificité du produit, droit de conseil de l’orthopédiste, homologations, etc…  Ce qui n’est pas vraiment faut, sans doute. Mais de là à vendre une paire de roues 7 000 €…

Je vais demander à mon revendeur si la vaseline est offerte, ou bien une boîte d’anti-nauséeux, histoire de faire passer la pilule. Mais… vraiment sans conviction.

Vos réactions m’intéressent.

Fabrice

nouvelle-citroen-c1

2 commentaires

$$$$$alaires !

Il y a un point particulier sur lequel j’aimerais m’attarder, c’est le mode de calcul de la quote-part de notre très enviée Sécurité Sociale. J’estime que nous nageons là en plein paradoxe. Nous sommes dans une société dite “évoluée”, ouverte, prônant la démocratie tous azimuts, et puisque nos ministres, députés, sénateurs, et même notre président de la république affichent (comprendre ici : une partie de (N.D.L.R.)) leurs revenus SANS PUDEUR, mais sans omettre de nous faire culpabiliser, ne serait-ce que pour la dépense publique, la déforestation des mailles du panier de la ménagère, peuchère, et bien, parlons d’argent !

Afin d’entrer calmement en matière pour ce sujet délicat qui nous concerne tous (l’Etat, c’est nous, pardi !) je vous propose de rendre ‘’mon salaire’’ public ! Âmes sensibles s’abstenir, ce manque inélégant de pudeur pourrait vous choquer, j’en suis conscient, et m’en excuse d’avance. Vous êtes sûr de vouloir rester ? Bon, soit, commençons :

J’avais un statut d’artisan lors de mon accident. (Vous connaissez tous la plus grande entreprise de France, tout de même ?) Je suis donc généreusement pensionné par ma caisse de retraite pour un montant de… 232,99 €/mois, cotisations sociales déduites. Notre quotient familial me permet de bénéficier de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH), privilège s’élevant à 628,10 €/mois. Mais là, pas question de cumuler les mandats (postaux !) ! AAH (628,10 €) moins la pension de 232,99 = 392,55, soit 625,54 € nets par mois TOUT cumulé. Tiens, 625,54 – 628,10 = - 2,56 !!! Que multiplie 12 mois, cela fait - 30,72 !!! En plus, ils me grugent, les fourbes ! Le seuil de pauvreté est de 817 € mensuel, dois-je le rappeler ?

Bon, ça, c’est fait. Ensuite, dans la liste de matériel citée en “Fiche perso”, vous avez bien sûr dû bondir en voyant les chiffres ! Je vous rassure, ils sont bien en €uros, et il n’y a pas de faute de frappe non plus, j’y ai bien veillé. Alors, d’où viennent ces fonds ?

Non, je ne me suis pas endetté sur 30 ans. De toute façon, il faut renouveler la plupart du matériel à 5/6 ans ! Avec l’aide d’assistantes sociales, nous remplissons des dossiers complets de demande de financement, dans lesquels tout doit être consigné. Pathologie, taux de handicap, situation familiale, maritale, patrimoniale, etc… Depuis quelques mois, un organisme nommé MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapés) a été mis en place afin d’éviter aux personnes ‘’en situation de handicap’’ (!?!?) d’avoir plusieurs organismes à contacter pour obtenir cet indispensable matériel, ces aides techniques. C’est un peu un centre de gestion et de coordination spécialisé, dont une partie est issue du monde médical (médecins, ergothérapeute, infirmiers…) et ni plus ni moins dépendant du Conseil Général.

L’action des MDPH est très controversée selon les dires de certain (et oui, départemental !), mais pour ma part, je leur dois un grand coup de chapeau, et je peux vous affirmer que des gens se démènent véritablement “en coulisse” pour rendre notre avenir plus serein, notre quotidien plus facile, et du même fait, soulager nos familles d’une partie de ce lourd fardeau qu’est une personne dépendante.

Il faut beaucoup de patience, et compte tenu des sommes engagées, les vérifications sont de mises. Je ne vais pas vous apprendre ce que peut inventer l’être humain pour détourner l’argent d’autrui (cf 3e et 4e lignes de cet article ; -)) ! Environ 15 mois pour mon lève malade ou mon fauteuil Permobil. Les dossiers valides passent en commission afin d’obtenir LE financement. Je vais être franc jusqu’au bout, voici le détail du financement de mon fauteuil électrique :

Permobil C500

26 126,06 €

Part Sécurité Sociale

-5 264,32 €

Part Mutuelle

-2 105,72 €

Part Prestation de Compensation

-11 715,35 €

Fonds d’aides complémentaires

-5 040,67 €

Solde à ma charge

2 000 €

Vous constaterez que la part SS (Sécurité Sociale) est de 5 264,32 €, c’est la somme plafond maximale qu’elle alloue pour un fauteuil électrique. J’habite à la campagne, tout est loin, les routes sont des champs de bosses, si ce type de matériel m’a été accordé, c’est à la vue de mes besoins, pas de mes caprices ! J’ai ‘’simplement’’ revendiqué le droit d’avoir une vie sociale et familiale, donc d’avoir du matériel digne de ce nom, car les modèles 100 % pris en charge (il y en a bon nombre) ne me permettaient pas ce genre de “loisir” !

Allez, encore quelques exemples, et puis je vous fiche la paix. La prise en charge SS du fauteuil manuel (Quickie) est plafonnée à 558,99 € (février 2006). Le fauteuil valait 2 829,99 €, j’ai dû donc rajouter 2 047 €, et la mutuelle, 224 € ! Mais un fauteuil sans coussin anti escarres n’est pas un fauteuil complet. Coussin Stimulite : 647 €. Quote-part Sécu : 184 €. Charge perso : 462,50 €. Et c’est mon second coussin. Le premier faisait environ 700 € pour seulement 98 € de prise en charge!

Si un tétraplégique prend un ‘’bon fauteuil’’, c’est avant tout parce qu’il n’a pas ou peu de force, et qu’un fauteuil de base représente une vraie menace pour ses épaules, l’exposant rapidement à de sérieuses tendinopathies (tendinites, arrachements ligamentaires, etc.), voir beaucoup plus grave. Un fauteuil de qualité, c’est un gain de poids, une facilité à manœuvrer, un roulage beaucoup plus “léger”, et nous y passons nos journées dessus ! Nos bras sont devenus nos jambes, rappelez-vous de cela ! Quelle somme représentera des mois d’hôpital, des interventions chirurgicales coûteuses (lorsque cela est réparable !), de la rééducation lorsqu’elles lâcheront ? Ce n’est pas un luxe, ni du caprice ! Une escarre aux fesses, cela se traduit par des mois d’hôpital (toujours 700 €/jour environ), avec parfois de la chirurgie reconstructrice ! Il arrive à des personnes de rester un an au lit pour des escarres ! Alors, est-ce trop cher de rembourser intégralement un coussin ? C’est moins cher qu’une journée d’hôpital, et c’est INDISPENSABLE, INCONTOURNABLE, bon sang de bonsoir !!!

“La vie à tout prix” : 62 jours de réa = 115 000 € environ, tout en sachant dans quel état de dépendance j’allais en sortir. 447 jours d’hôpital pour me permettre de me rééduquer, de me ‘’reconstruire’’, pour finalement mégoter sur quelques milliers d’€uros ? Débranchez-nous en réa, dans ce cas ! Dites à nos familles : “Dans le meilleur des cas, il ne coûterait que … €/ mois, son espérance de vie est de tant… la société ne peut pas se le permettre, déjà que notre gouvernement nous coûte un bras, de plus notre premier ministre est dans la chambre d’à côté… désolé… nos excuses à la famille et tout et tout…”

Ou bien alors, l’Etat doit faire ce qu’il nous suggère : “Vous n’avez pas le choix, il faut assumer votre situation de handicap, et ne pas vous apitoyer sur votre sort ! Nous vous entendons. Nous entendons votre demande !”

Alors lorsque je vois certain ‘’CMU’’ (Couverture Maladie Universelle) faire des tours gratuits de VSL (Véhicule Sanitaire Léger), sans AUCUNE pathologie, juste pour ne pas payer un ticket de bus ou de car, vous comprendrez aisément que mon sang ne fait qu’un tour ! Quels sont les critères d’attribution et de distribution des droits. De qui se moque-t-on ? De NOUS, de VOUS, bien sûr !

De même lorsque nous cherchons des places de parking pour handicapés, et que des gens arrivent avec un macaron GIC (Grand Invalide Civil), et qu’ils sortent presque en courant de leurs voitures, je me demande si les médecins conseils de la Sécurité Sociale, vénérables représentants de la Haute Autorité, ne sont pas tout simplement DE GRANDS MALADES !!!!!!!!

Parking et handicap.

Ah, ça va tout de suite mieux, tiens. Il fallait que cela sorte. Je vais très certainement recevoir des dizaines de mails grâce à ce ‘’papier’’, mais qu’importe. Je suis prêt à en débattre. J’assume pleinement mes écrits, de même que mon statut d’adulte handicapé.

Et si vous êtes sur le fond d’accord avec ceci, et bien faites passer ce lien, faite circuler l’information. Je ne parle que de mon cas, certes, mais c’est le triste sort de trop de d’adultes, mais aussi de parents d’enfants handicapés. Et tous n’ont pas la chance de pouvoir HURLER leur injustice, leur frustration, leur désespoir, car depuis trop longtemps, plus personne ne les écoute.

Fabrice.

échafaud

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