« H » comme Hôpital !


Hôpital, un nom commun, ‘’communément employé’’, banalisé, trop souvent attaché à une image d’urgence, et finalement si méconnu. Trop souvent critiquée, montrée du doigt, cette institution est beaucoup trop perçue comme une ‘’grande entreprise’’ française dont on médiatise la gestion à qui mieux mieux, la détournant à son insu de sa SEULE vocation, qui, faut-il le rappeler, est de soigner les gens ! La plupart des concitoyens ne le connaîtront jamais, ce qui est très bien, ou alors au travers de visites après de membres de leur famille, de proches. D’autres y feront de petits séjours, très souvent le temps d’une intervention chirurgicale, quelques semaines tout au plus, et sans séquelles.

Le ‘’grand contact’’, si j’ose dire, est très souvent par le biais des urgences : chutes, brûlures, fractures, grippe du week-end, etc.… et presque tous ceux qui en ressortent font le même constat, trop d’attente, pas assez de personnel, service débordé. Je ne vais pas rentrer dans un débat socio-économique ici, même si cela est pourtant fort tentant. Si les gens n’y allaient pas ‘’pour un rien’’, et s’il était encore possible de trouver des médecins généralistes de garde les week-ends et jours fériés, le taux de fréquentation serait vraisemblablement revu à la baisse, rétribuant son juste rôle à cette partie de l’hôpital : l’urgence, pardi !

L’autre aspect économique est le faible coût des soins, sans avoir d’avance à faire. De plus en plus de ‘’nouveaux pauvres’’ sont confrontés à une certaine précarité, la vie est de plus en plus chère, alors… l’hôpital redevient ce pour quoi il a été initialement créé : un établissement charitable où l’on accueillait les pauvres et les voyageurs, un asile. Cela est un phénomène de société, et pourtant c’est bien sûr les urgences que l’on tape, et les urgentistes qui sont pointés du doigt ! Je vous laisse en débattre, mais je trouve cela un peu trop simpliste et beaucoup trop ‘’français’’ de prendre les problèmes systématiquement à l’envers. L’hôpital public n’est de toute façon pas dans une logique économique, il est à disposition de toute personne nécessitant quelques soins que ce soit, sans attendre un retour sur la somme investie. Le volet économique incombe à sa maman, la Sécurité Sociale, et plus exactement à l’Etat. L’Etat assure, l’hôpital soigne… et les médias n’ont qu’à bien se tenir. Si eux faisaient mieux leur travail, à savoir informer, au lieu de trop systématiquement déformer, s’ils essayaient de réfléchir quelques instants sur l’impact de leurs dires sur la société, bien trop souvent victime ‘’des images en couleur’’, certaines ‘’tonalités’’ s’adouciraient.

Et puis il y a ceux qui LE rencontrent à long terme, cet hôpital. Plusieurs mois, un an, voir une vie entière. Pourquoi y sont-ils ? Oh, sûrement pas par ambition, ni par vocation, mais plutôt par nécessité ! Les malades de pathologies dégénérescentes, psychiatriques, immunitaires, neurologiques, les accidentés, les enfants malades, les grands brûlés, et tous les autres cas que j’oublie de citer, que pensent-ils de l’hôpital ? Certains vont y passer leur vie, y naître et y mourir sans avoir connu la moindre vie familiale. Vous comprendrez bien que les moyens mis en œuvre pour nourrir, soigner, accompagner, éduquer ou rééduquer, calmer, panser ou opérer n’attendent pas de contrepartie ! Pourtant, ces gens-là sont soignés, fort heureusement. Certains s’en remettent, avec plus ou moins de séquelles, d’autres pas, nous ne sommes pas tous égaux devant la maladie, ni dans la vie, du reste. Mais une chose est certaine, c’est que des moyens colossaux sont déployés afin de mettre tous les atouts de votre côté. Et si un établissement ne dispose pas des possibilités adaptées, il vous redirige vers celui pourra répondre à votre besoin, bien avant de réfléchir aux sommes engagées. Dans mon trop banal cas, l’hôpital de Draguignan a géré l’urgence puis redirigé sur St Roch. Opéré et stabilisé, c’est à Renée Sabran qu’a été confiée la mission de me rééduquer, car c’est leur spécialité. Et aucun des 3 établissements n’a négocié le prix, ni demandé de caution, de dépôt de garantie. Une carte vitale, et j’oserais dire parallèlement à l’action, pas avant, c’est tout ce qu’il m’a été demandé.

Ce qu’il est dommage de constater, c’est ‘’la mise sous tutelle’’ de la partie ‘’santé’’ par la partie ‘’gestion’’. Quelque part, un hôpital est l’amalgame d’un centre de soin et d’un centre de gestion. Et c’est dans l’absolu presque un administrateur qui explique au médecin de quelle manière SON patient doit être soigné, et pire que tout, d’ici quelques mois, il lui expliquera même COMBIEN DE TEMPS ce même médecin devra le soigner ! Mais l’administrateur se garde bien de rendre visite aux patients, ni de venir voir dans quelles conditions travaillent les équipes, de toute façon beaucoup trop nombreuses à ses yeux. L’administrateur ne fait pas de garde les week-ends, n’opère pas la nuit, ne tient pas le haricot du père Dupond à 2 heures du matin ! Il gère les comptes, pas l’urgence !

Je n’apporte aucune solution en écrivant ceci, j’en suis conscient. Mais ne pas en parler et laisser la situation se dégrader est terrible. La solution, s’il en est une, n’est certainement pas dans la seule gestion de l’hôpital, en réduisant le personnel, en fermant des services, des maternités, voir des établissements, mais bel et bien dans la gestion de la santé, de sa prise en charge, tant individuellement qu’administrativement. Ne vous trompez pas de cible, il y a presque un administratif pour 2 soignants !!! Ils ne coûtent rien, eux ? Et de réformes en restrictions budgétaires, cette institution se meurt, asphyxiée par un problème qui ne la concerne pas… complètement.

Je n’ai malheureusement aucune compétence en gestion, et je le regrette. Je n’ai que des idées. Là, à froid, j’en ai une pour ‘’l’après hôpital’’. Récupérer les locaux désaffectés pour les transformer en crématoriums publics, et aménager les chambres pour que l’on puisse y déposer les urnes des trop nombreuses personnes qui vont inévitablement mourir, faute de soins et de moyens et/ou de proximité, lorsque l’hôpital sera lui, déjà mort.

Fabrice.

Hopital

  1. #1 by Frank on 6 novembre 2009 - 19:48

    En reponse à ton exposé, je vais apporter une pierre à ton édifice , histoire de bien montrer l’hypocrisie de l’hôpital ou de bien « enfoncer le revolver dans la plaie ». Travaillant moi meme a l’hopital, j’ai volontairement caché le nom ou tout autre caracteristique y referent..
    Notez bien l’incroyable décallage entre la pub faite pour venir travailler dans cet hôpital, et les statistiques .

    SITUATION DES ,EFFECTIFS INFIRMIERS
    Le centre hospitalier xxxxx, connu depuis deux ans un nombre important de départs parmi ses personnels infirmiers qui n’ont pu être compensés por un nombre d’arrivées suffisant. Ces difficultés de recrutement, auxquelles était déjà confrontée la majorité des établissements de santé depuis de nombreuses années, se sont accrues en 2009.
    Elles ont amené la direction à recourir, pour là première fois, à l’intérim paramédical malgré le coût élevé et les inconvénients de cette solution. La possibilité a également été donnée à l’encadrement de proposer, dans certains cas limités et sur la base du volontariat, le paiement d’heures supplémentaires en fonction des besoins du service.
    Au delà de ces mesures, la direction des ressources humaines et la direction des soins poursuivent leurs efforts pour promouvoir l’attractivité du centre hospitalier: annonces dans les revues spécialisées, information auprès des étudiants de l’IFSI, accueil et encadrement des stagiaires dans les services, signature de contrats d’apprentissage. réservation de berceaux dans la future crèche municipale…
    Afin d’être le plus transparent possible compte tenu des enjeux, la situation des effectifs infirmiers du 1er Janvier au 30 Septembre 2009 a donné lieu à une étude portant à la fois sur:
    - les postes non pourvus,
    - les mouvements départs/arrivées,
    - les candidatures IDE, les demandes de contrats d’apprentissage et suites données.
    Cette étude a été présentée aux instances du mois d’octobre. A la demande du CTE mais aussi de la G’ME qui en ont débattue, elle vous est aujourd’hui également communiquée.
    XxxxActualités reviendra chaque fois que nécessaire sur cette problématique essentielle pour le devenir de l’établissement.

    Voici l’encart de la pub de recrutement :

    Recrute infirmier pour :
    Postes a pourvoir sur emplois pérennes. Mises en stage rapide apres periode d’essai limitée.
    Projet d’etablissement innovant. Politique institutionnelle forte d’accompagnement des projets individuels de carriere.
    Projet de soins ambitieux. Possibilité de logement a prix attractif.
    Pour tous renseignement……

    Bref, à la lecture, c’est idylique, non ? ca donnerai presque envie !.
    Pourtant, comment expliquer que chaque mois, un nombre trés important d’infirmieres Démissionnent.
    Rien que pour le mois de Septembre, il y en a eu 12. Plus grave, sur ces 12, 8 étaient titulaires !
    Et c’est comme ça depuis des mois !
    En resumé, on presse le personnel formé et compétent qui commence a couter cher, et on le « remplace au compte goutte » par des « novices » bien moins payées .
    D’après vous, qui en paye les frais ? Le pauvre personnel, bien sûr, mais surtout les patients, car je ne vous parle pas de la baisse de la qualité des soins… c’est une catastrophe !

(ne sera pas publié)